Stéphanie Pinel-Jacquemin, reconvertie dans la recherche

Cet itinéraire-là n’est pas banal. Strasbourgeoise d’origine, diplômée d’une école de commerce et de marketing, Stéphanie Pinel-Jacquemin commence sa vie professionnelle comme chef de produit en Allemagne. Sa carrière est toute tracée. Pourtant, elle décide d’y mettre un terme : « Il y avait trop de déplacements et ayant un mari lui–même amené à beaucoup voyager, ça devenait compliqué pour notre vie de famille. » Elle opte pour une profession libérale et en 2000 s’inscrit en première année de psychologie, à la faculté de Toulouse. Elle a alors 30 ans.

Après sa licence, elle accouche d’un quatrième enfant, fait un break de 2 ans, puis reprend en master. C’est là qu’elle découvre la recherche et décide de poursuivre en thèse (2006-2009). Son sujet ? « Système Familial et attachement : Influence des relations intrafamiliales sur la qualité de l’attachement parents-enfants dans les familles de deux enfants de 6 à 12 ans ». Le terme « Attachement » se réfère ici pas à de la simple affection mais à une théorie dite de l’attachement qui postule que pour se développer au mieux, sur le plan social comme sur le plan émotionnel, un jeune enfant a besoin de construire une relation d’attachement avec au moins une personne.

Après sa thèse, elle tente plusieurs années durant d’obtenir un poste à l’université. En vain. Non parce qu’elle est une femme ou qu’elle est plus âgée que la moyenne, mais parce qu’elle a quatre enfants. « C’est ce point qui a été soulevé à chaque entretien, et le plus souvent par des femmes. » Car oui, parfois, ce sont les femmes qui entretiennent les stéréotypes.

Elle prend alors le statut d’auto-entrepreneur – statut qu’elle a toujours aujourd’hui – et commence à enchaîner les contrats à durée déterminée avec les universités ou les organismes de recherche : « il s’agit d’une situation précaire, plutôt mal payée mais intéressante car je travaille sur des sujets variés. » Du coup, à 46 ans et après 7 ans de recherche, elle réfléchit sérieusement à la suite tout en « profitant pleinement » des contrats de recherche actuels qui lui sont confiés.

IN ENGLISH :

Stéphanie Pinel-Jacquemin, reoriented in scientific research

This life story is not ordinary. Coming from Strasbourg (France), and a graduate in business & marketing, Stéphanie Punel-Jacquemin starts her professional life as a product manager in Germany. Her career is all mapped out. However, she decides to stop it: “Too many business trips were involved, and my husband too had many business trips, it was making our family life too complicated.” She chooses a self-employed profession and registers as a first year psychology student in Toulouse university (France) in 2000. She is then 30 year old.

After finishing her degree, she delivers a fourth child, takes a 2-year break, and then resumes her studies with a master. There she discovers scientific research and decides to continue with a PhD (2006-2009). Her topic? “Family system and attachment: Influence of interfamilial relationships on the quality of child-parent attachment in families with two children between 6 and 12 years old”. The term “Attachment” does not refer to simple affection but to a theory of attachment which assumes that for a better development, on social as well as emotional levels, a young child needs to build up attachment to at least on person.

After her PhD, she tries to be appointed to a university position. Unsuccessfully. Not because she is a woman, or because she is older than average, but because she has 4 children. “This was pointed out at each interview, and more often by women.” Indeed, sometimes, women are the one maintaining stereotypes.

She then carries on with a self-employed status – a status she keeps to this day – and starts a series of temporary contracts with universities and research institutes: “It is an unstable situation, rather low-paid but interesting because I work on a variety of topics.” Thus far, 46 year old and after 7 years of research, she is pondering over her next step while fully enjoying the research contracts she is currently commissioned with.

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Une réflexion au sujet de « Stéphanie Pinel-Jacquemin, reconvertie dans la recherche »

  1. Nalon

    oh combien vrai et vécu ! et malheureusement aussi dans d’autres domaines que la recherche.
    Mère de 5 enfants postulant à un poste responsabilité dans la fontion publique territoirale, je me suis vue interrogée par des femmes, sur le fait qu’il pourrait y avoir des réunions en dehors des horaires de travail « normaux » … pourtant je ne suis pas mère célibataire et j’ai insisté sur l’organisation bétonnée mise au point avec la nounou … Le poste m’a été refusé, mais le responsable du service (homme) m’a rappelé pour s’excuser …

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