Stéphanie Jean-Daubias, professeure d’informatique et de courage

A 44 ans, Stéphanie Jean-Daubias est professeure en informatique à l’Université de Lyon. Mais elle est aussi une survivante qui a surmonté deux cancers du sein. « La première fois, j’ai cru que j’étais condamnée, raconte-t-elle. C’était en 2007. A cette époque, j’envisageais mollement de passer mon habilitation à diriger des recherches (HDR). » Avec l’annonce de la maladie et le début des traitements, elle laisse tout tomber. Un temps. Car fin 2009, pour se prouver qu’elle peut le faire, que ses capacités intellectuelles ne sont pas atteintes, elle se met en tête de rédiger cette habilitation qu’elle soutient avec succès avant d’obtenir son poste de professeure en 2012. Elle lutte alors contre son deuxième cancer. Voilà qui pose le personnage.

Originaire de Mayenne, Stéphanie Jean-Daubias s’est longtemps définie par la négative. « J’étais bonne en maths et pédagogue. Du coup, tout le monde m’imaginait prof de maths. Je voulais être prof certes, mais pas de maths. » Reste que comme elle est douée dans cette discipline, elle finit en fac de maths appliquées à Angers. C’est là, en deuxième année, lors d’un TD d’informatique donné par une femme, qu’elle a une révélation : « dans l’algorithmique et la programmation, j’ai trouvé un truc résistant intellectuellement, passionnant. Je voulais faire le même métier que cette femme. » Elle sera professeure d’informatique. Elle se rend donc au centre d’orientation pour connaître le parcours à suivre. On lui explique alors qu’il n’y a de professeur d’informatique qu’à l’université et qu’il lui faudra une thèse pour atteindre son but.

C’est ainsi que Stéphanie Jean-Daubias découvre sa vocation puis la recherche, d’abord au Mans où elle découvre un milieu macho dans lequel les femmes sont secrétaires et les hommes enseignants-chercheurs, puis à Lyon où la mixité et l’ouverture d’esprit lui conviennent bien mieux. « C’est étrange, je n’ai pris conscience que très tard du sexisme qui existe dans ce milieu. » En poste à Lyon, elle travaille désormais sur la conception de logiciels éducatifs et l’assistance à l’utilisateur. Elle donne des cours, notamment en licence et en master d’informatique. 10% seulement de ses élèves sont des filles.

IN ENGLISH

Stéphanie Jean-Daubias, Professor of computer science and bravery

At 44 year old, Stéphanie Jean-Daubias is a Professor of Computer Science at Lyon University. But she is also a survivor of two breast cancers. “The first time, I thought I was doomed, she recalls. It was in 2007. At this time, I was loosely considering taking the exam for an “Accreditation to supervise research” [a French title necessary to be promoted Professor]. With the health issue and the beginning of treatments, she stops everything. For a while. As in 2009, to prove herself capable, and to prove her intellectual abilities untouched, she decides to write the accreditation thesis and pass the exam successfully before being promoted Professor in 2012. She then fights her second cancer. This sets her character.
Originally from Mayenne, north-west of France, Stéphanie Jean-Daubias has longed defined herself in contradictory ways. “I was good at math and pedagogy. Hence everyone saw me as a math Professor. I wanted to be a Professor indeed, but not in math.” Since she is talented in that domain, she ends up in Angers Faculty of Applied Mathematics. This is here, during her second year of study, at a Computer Science class given by a woman, that she heard her call: “In algorithmics and programation, I found something intellectually challenging, fascinating. I wanted to do the same job as this woman.” She will be Professor of Computer Science. Thus she went to the professional orientation centre to know about the path to follow. She is then told that only Universities have Professors of Computer Science and that she needs a PhD to follow her goal.
This is how Stéphanie Jean-Daubias discovers her vocation for research, first in Mans [north-west of France] where she enters a macho world where women are secretaries and men are Professors and researchers, then in Lyon [south-east of France] where the gender equality and open-mindedness suit her better. “It is strange, it is only belatedly that I acknowledged the sexism existing in this domain.” Now with her position in Lyon, she works on the design of educative software and on end-user support. She gives lectures, in particular for Licence and Master of Computer Science. Only 10% of her students are female.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s